Demain Mercredi Gael MONFILS peut-il vaincre ?
Sûrement si on en croit sa détermination.
Voici l'article du Monde qui lui est consacré et qui donne bien un aperçu de l'ambiance 
Gaël Monfils prend "grave du plaisir". Mais qu'on se le dise : "Il faut kiffer, mais il n'y a pas encore de quoi se réjouir puisque l'objectif est de gagner (Roland-Garros)."
Le garçon de 21 ans, 59e mondial, avance dans cette voie. Des cinq Français parvenus en huitièmes de finale, lui seul s'est qualifié, lundi, pour les quarts de finale aux dépens du Croate Ivan Ljubicic (7-6, 4-6, 6-3, 6-2), 30e mondial.
Mercredi 4 juin, Gaël Monfils devait affronter l'Espagnol David Ferrer, 5e mondial, mais on n'aurait guère parié sur lui comme porte-étendard tricolore.
De septembre 2007 à mars, l'escogriffe d'1,93 m a soigné une blessure au poignet, puis une au genou. Des problèmes de dos l'ont contraint à l'abandon lors du tournoi préparatoire de Rome début mai. Il est parti retrouver la forme sur le circuit Challenger (2e division), mais il souffrait d'une légère déchirure aux adducteurs peu avant Roland-Garros.
Entré sur le circuit professionnel au terme d'une fantastique saison 2004 qui l'a vu sacré champion du monde junior grâce aux couronnes de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon, Gaël Monfils tarde un peu à tenir ses promesses. Grandir est douloureux, d'autant qu'avec son look afro, le Parisien - martiniquais par sa mère et guadeloupéen par son père - s'est immanquablement vu affublé très tôt de l'étiquette d'héritier de Noah.
En chemin, il a fait valser les coaches - pourtant anciens joueurs professionnels -, à en donner le tournis. Il y eut d'abord Thierry Champion, mais Monfils "cherchait un autre discours". Puis ce fut Pier Gauthier, qui lui conseilla "des choses contre la nature de (son) jeu". Il y eut encore Olivier Delaître. "Il m'avait connu chez les jeunes, mais il ne pouvait pas trop voyager", s'excuse Monfils. Enfin, ce fut l'exil en Floride sous la houlette de Tarik Benhabiles. "Un bon coup de pouce, mais notre contrat arrivait à terme et j'avais envie de revenir en France", conclut Gaël.
En novembre 2007, il a rallié Paris et le giron du team Lagardère quitté un peu cavalièrement pour s'offrir son escapade américaine. Il y a retrouvé Thierry Champion et Rémi Barbarin, son préparateur physique, ainsi que toute une équipe qui croit suffisamment en son potentiel pour ne pas lui tenir rigueur de ses errements.
Monfils tient désormais le discours du fils prodigue. Le team Lagardère avec son staff pléthorique - si "professionnel", et majoritairement transfuge de la Fédération française de tennis dont Monfils est également issu - est décidément la réponse à ses questionnements. Il en loue "l'esprit d'équipe". Il encense Philippe, ce kinésithérapeute dont il ne sait épeler le nom de famille, mais qui est "tout le temps à (ses) côtés, (le) gère et gère un peu (son) alimentation". "Ce n'est que de l'énergie positive, conclut-il. Comme si on jouait à plusieurs."
D'ordinaire plutôt cabotin, le grand Gaël a cette fois attendu la balle de match pour remercier le public du court central, et son clan familial composé d'une cinquantaine de personnes, d'une petite danse de célébration dont l'origine a renvoyé la presse à ses études musicales. "C'est Soulja Boy, un rappeur américain, a indiqué doctement Monfils. Ça s'appelle Crank That et c'est la danse qu'il fait dans son clip."
Pour expliquer sa concentration retrouvée, Monfils a ajouté gravement : "J'évolue dans ma vie d'homme." Exemple ? "Au lieu de jouer à la PlayStation 5 heures d'affilée, je n'y joue plus que 4 h 30, dit-il. La concentration vient avec le travail. Avant, au bout d'un quart d'heure, je n'écoutais plus ce que me disait Thierry (Champion, son entraîneur). Là, j'arrive à tenir 20 minutes, et sur le terrain (en match) ça m'aide."
A ce compte-là, on peut gager que sa marge de progression est encore considérable.
Patricia Jolly
Article paru dans l'édition du 04.06.08.

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